Critique Sherlock Holmes Collection (Volume 1)

Publié le par Avenue de l'horreur

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Réalisé par : Antony Kearey, Viktors Ritelis, Bill Bain, Henri Safran, William Sterling
Scénario de : Arthur Conan Doyle
Acteurs : Peter Cushing, Nigel Stock, Ballard Berkeley, Gary Raymond
Année de production : 1968
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 5 avril 2011 (Showshank Films)
Date de sortie au cinéma en France : -
Pays : Royaume-Uni
Saga : Sherlock Holmes

Synopsis

Produite par la prestigieuse BBC, la série anglaise Sherlock Holmes se veut une adaptation fidèle des aventures du héros de Sir Arthur Conan Doyle. Le légendaire détective, incarné par l'inégalable Peter Cushing, accompagné de Nigel Stock évoluent ici dans l'une des toutes premières séries filmées en couleur...

 

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Avis de Bikinikill

 

Après l’énorme succès du Chien Des Baskerville produit par le Hammer en 1959, le comédien Peter Cushing s’impose de main de maître comme LE Sherlock Holmes de ce début des 60’s.
Il n’en fallait pas moins pour que la BBC se décide à produire une série télévisée dès 1964, intitulée "Sir Arthur Conan Doyle's Sherlock Holmes", mettant en scène les aventures de l’enquêteur de Baker Street avec toute une pléiade de comédiens de talent dont Douglas Wilmer (Sherlock Holmes pour la première saison de 1964), Nigel Stock et bien sûr Peter Cushing dès 1968 pour la seconde saison.
En seulement vingt-neuf épisodes en l’espace de quatre ans, le serial anglais a connu une véritable consécration populaire avec pas moins d’une moyenne de onze millions de téléspectateurs à chaque diffusion. Pas mal !

Pour le premier volume de "Sherlock Holmes Collection", l'éditeur français Shawshank Film a décidé de regrouper en DVD, les cinq épisodes les plus marquants de la seconde saison avec Peter Cushing au générique.
Au programme : Une Etude En Rouge (A Study In Scarlet), le diptyque du Chien Des Baskerville (The Hound Of The Baskervilles), Le Mystère De La Vallée De Boscombe (The Boscombe Valley Mystery), Le Signe Des Quatre (The Sign Of Four) et L'Escarboucle Bleue (The Blue Carbuncle).
Autant dire que nous sommes ici en face de la crème des histoires de Sherlock Holmes imaginées par l'écrivain anglais.

Pourtant, malgré un respect total de l’esprit des romans de Sir Arthur Conan Doyle, on a du mal à totalement se prendre au jeu en 2013.
La faute sans doute à une mise scène trop plate et un parti pris artistique sous la forme d’une représentation théâtrale filmée dans des décors intérieurs très factices. De fait, l’ensemble perd beaucoup en relief et en intensité, et les trop rares plans extérieurs ne sont que des inserts assez mal ficelés.
Bref, c’est bien mais c’est mou du genou ! C’est assez dommage car les histoires sont fidèles aux œuvres initiales et restent donc très authentiques…

On regrette seulement l'approche du Dr Watson par les scénaristes de la BBC. Ainsi, si l’acteur Nigel Stock (La Grande Evasion) délivre une remarquable interprétation, son personnage lui, a été remodelé de façon à en faire un gros nigaud sans une once de jugeote. Il se place donc comme le parfait faire-valoir de Sherlock Holmes, mais ça ne colle pas vraiment avec les écrits de Conan Doyle.
Rien de rédhibitoire non plus, mais force est de constater que le ressort comique de Watson est un parfois peu trop redondant.

De son côté, Peter Cushing offre une prestation assez correcte, même s’il a fait savoir dans ses mémoires que les conditions tournages étaient assez difficiles pour lui.
En effet, en plus de problème familiaux assez importants (l’état de santé de sa femme s’est dégradé à cette période), les délais très courts de répétition et d’enregistrement ont mis à rude épreuve les nerfs du comédien qui n’a pas pu se donner à fond dans un rôle qu’il a pourtant toujours affectionné.
C’est pourquoi bon nombre de téléspectateurs anglais ont souvent plébiscité Douglas Wilmer au détriment de Peter Cushing

Mais malgré toutes les bonnes intentions de ce "Sir Arthur Conan Doyle's Sherlock Holmes", la gestion budgétaire parfois aléatoire de la part de la BBC n’a pas permis d’atteindre la qualité escomptée.
Ainsi, le plus gros des finances a été englouti dans la réalisation des deux parties du Chien Des Baskerville si bien que d’illustres guests comme Sean Connery ou Orson Welles, prévus par la production sur certains épisodes n’ont hélas, jamais été appelés…

Mais qu’on ne s’y trompe pas, "Sir Arthur Conan Doyle's Sherlock Holmes" dévoile de très bons moments (Une Etude En Rouge, Le Signe Des Quatre, L'Escarboucle Bleue) et le plaisir de retrouver Peter Cushing dans la peau de Sherlock Holmes justifie à lui seul le visionnage de tous ces épisodes.

En définitive, bien que cette série des 60’s ait énormément subi les affres du temps (la mise en scène théâtrale ultra minimaliste n’arrange rien), force est de constater que les épisodes présentés restent assez intéressants, dans la mesure où ils témoignent du véritable engouement du public de l’époque pour l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle.
Au-delà de son aspect formel très épuré et ô combien trop cheap, chaque enquête recèle son lot de trames et de surprises qui font toujours plaisir à voir.


2.5

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