Interview Pascal Sid et Julien Lacombe (Derrière les murs)

Publié le par Avenue de l'horreur

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A l'occasion de la sortie en salle le 6 juillet du film Derrière les murs nous avons pu nous entretenir avec les réalisateurs du film Pascal Sid et Julien Lacombe.

 

 

AVH :Derrière les murs est votre premier long métrage. Vous avez déjà réalisé plusieurs courts métrage et toujours en collaboration. Pouvez-vous nous raconter votre rencontre ?
 
PS & JL : En fait, nous nous connaissons depuis les premières années d'école maternelle ! Nous avons donc passé une partie de notre enfance ensemble, et toujours avec les mêmes films en commun. Il a été tout naturelle que nous mettions en scène nos premiers courts ensemble, et cela a toujours été le cas, de nos premiers essais en vidéos jusqu'à Derrière les Murs.

 
AVH :Du court métrage (Le Sixième Homme, Derechazo) à votre premier long métrage, comment s’est dessiné votre parcours ? Comment est née cette opportunité ?
 
PS & JL : En fait, le parcours d'un réalisateur est souvent très différent d'un réalisateur à l'autre. Pour nous, tout a démarré par une envie commune de mettre en image des idées, des scènes, parfois d'imiter des séquences de longs métrages que nous admirions. Cette envie s'est vite transformée en passion, et nous nous sommes inscrit dans une école de cinéma. Nous avons fait la même école, dans la même classe. Cela nous a permis d'avoir plus d'assurance, et plus de poids dans certains cas. Sortis de l'école, convaincus que nous étions fait pour ce métier, nous avons prolongé l'aventure en réalisant pléthore de courts métrages que nous produisions nous même sous la bannière de notre collectif 4-16 Prod, seule exception à cette règle, El Derechazo qui était un court métrage de commande. Parallèlement nous avons travaillé dans la publicité en réalisant quelques publicités. Ce parcours du combattant a duré jusqu'au Sixième Homme, notre dernier court métrage, qui a attiré l'attention de plusieurs producteurs sur nous, et nous a permis de signer notre premier contrat de developpement cinéma, pour Derrière les Murs. C'était en janvier 2007...
 
AVH :Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?
 
PS & JL : La possiblité de réaliser un film de genre pour le grand public, avec ses codes et ses ambiances, mais en essayant de rester à l'écart des effets à outrance ou des clichés qui le couperait d'un public plus large que les initiés habituels. Ce qui comptait pour nous, c'était l'ambiance, et le personnage principal, qui porte l'histoire, et donc le film. Le film a toujours été pour nous un véritable hommage à la littérature fantastiques du 19eme siècle, dans la droite ligne des  Maupassant, Edgar Poe, Gauthier et leur héritier Lovecraft, ce dernier nous a d'ailleurs beaucoup influencé dans le choix de placer le film dans les années 20.
 
AVH :Le thriller fantastique est-il un genre cinématographique que vous appréciez particulièrement ?
 
PS & JL : C'est vrai que le thriller fantastique a son lot de grands films, comme Shining, Les Autres, l'Orphelinat, c'est un genre qui repose souvent sur une économie d'effets et donc de moyens, tout en laissant souvent au spectateur une très forte impression. Il nous a semblé que c'était le compromis parfait pour un premier film qui allait forcément être difficile à financer. Les personnages tiennent un role tellement important dans ce genre de film qu'il donne forcement lieu à des numéros d'acteurs marquants. Et il est clair que Derrière les Murs tente de s'inspirer de ces modèles de ce point de vue.
 
AVH :Derrière les murs est le premier long métrage français tourné en 3D. Pensez-vous que la 3D apporte beaucoup au film de genre ?
 
PS & JL : La 3D apporte forcément quelque chose. Pas nécessairement uniquement pour le film de genre, mais pour tous les films en général. Nous croyons beaucoup au procédé. Cela permet une plus grande immersion du spectateur dans le récit. Après différentes projections auprès d'un vrai public, nous avons eu beaucoup de retour, surtout sur la 3D, très positifs. Le public s'est senti très proche du personnage, presque à l'intérieur des décors. Cela devient une vraie expérience du cinéma. Et donc, dans un film de genre fantastique, qui laisse une grande part aux émotions fortes, il est clair que la 3D peut jouer son rôle, et amplifier encore certaines scènes d'angoisses ou d'épouvante. Les gens recherchent dans l'image, dans les coins d'ombre, au fond de la pièce, une présence, un danger, là où il ne le ferait peut être pas en 2D. Ce n'est pas pour faire sortir des objets vers le public que la 3D est interessante, mais plutot pour le faire entrer dans la toile, et donc dans le film.   
 
AVH :Le tournage en 3D n’alourdit-il pas trop le travail du réalisateur ? Quels en sont les avantages et les inconvénients?
 
PS & JL : Le tournage 3D implique un travail de découpage et de préparation plus important, car l'improvisation est difficile, tant le matériel employé est lourd. Malgré tout, avec une bonne préparation en amont du tournage, les différences avec un tournage classique sont minimes, si ce n'est une variation au niveau des focales utilisées, et un découpage un peu plus posé ( on coupe moins les plans pour avoir plus le temps de les suivre ). C'est peut être déroutant au début pour certains, qui peuvent trouver le rythme surprenant, mais quand on voit l'utilisation de la 3D à Hollywood, et la manière dont ils surdécoupent leurs films même lorsqu'ils sont en véritable stéréoscopie, on peut vous dire que vous verrez la différence avec le notre.
 
AVH :Laetitia Casta interprète le premier rôle dans Derrière les murs. Avez-vous participé au casting ? Pourquoi le choix s’est il tourné vers Laetitia Casta ?
 
PS & JL : Laetitia a voulu faire le film dès qu'elle a lu le scénario. Nous étions à la recherche d'une comédienne principale car la comédienne prévue n'était plus disponible pendant une partie du tournage. Cette rencontre nous est vite apparue comme un signe du destin. Elle avait demandé à le lire, elle a adoré, et nous a demander de la choisir. Son charisme et la force de son discours nous ont tout de suite séduit. Elle était Suzanne, c'était évident. Ce rapport qu'elle a avec les autres du fait de son physique hors normes et de sa notoriété, son attirance et son amour pour les enfants, le fait qu'elle soit mère de 3 enfants alors qu'elle est relativement jeune. Tout cela à contribué à ce que notre choix se tourne définitivement vers elle. Et après avoir vu quelques uns de ses derniers films, il n'y avait plus de doute possible. Aujourd'hui, après plusieurs projections de Derrière les Murs, tout le monde semble s'accorder sur le fait que Laetitia est parfaite, et joue son rôle de manière magistrale. Elle s'est tellement impliquée, elle a tellement proposé sur le film, que c'est un peu le sien également.

 

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Images Derrière les murs

 
AVH :Quels souvenirs retenez vous de ce tournage ?
 
PS & JL : Forcement des souvenirs de joie, puisque c'était notre premier long métrage. Et également le sentiment du devoir accompli, car malgré les difficultés et les encombres, nous estimons avoir réalisé le film que nous avions à l'esprit. Nous en sommes très fier. Après, un souvenir en particulier, ce fut la première fois où notre dresseur à sorti la trentaine de rats de leur cage pour les faire courir sur le plateau : c'était plutôt suréaliste.
 
AVH :Pour sortir un peu du sujet et satisfaire la curiosité de nos lecteurs, quel est votre film préféré ?
 
Pascal : Pour ma part, je pencherais pour les Aventuriers de l'Arche Perdue, que je pourrais regarder tous les jours. Mais il y en tellement, autant chez Leone, que Spielberg, Cameron ou bien Fincher...
Julien : J'aurai bien du mal à isoler un film parmi d'autres. Je citerais plutôt les réalisateurs qui m'inspirent : Steven Spielberg, Stanley Kubrick, Henri Georges Clouzot, Alfred Hitchcock, j'aime tellement leurs films que je ne saurais en choisir qu'un.


AVH :Quels sont vos projets d’avenir ? Avez-vous  déjà de nouvelles réalisations en chantier ?
 
PS & JL : Nous projetons de créer dans un avenir  proche avec un autre collaborateur une société de production ayant pour but de  concrétiser des projets de cinéma et de serie qui nous tiennent à coeur, et  pourquoi pas developper d'autres auteurs et réalisateurs qui auront les mêmes  gouts et envies que nous. Il y en aura pour tous les gouts, du polar au  film fantastique, en passant par la comédie à l'américaine.  
 
Pour notre prochain projet en tant que  réalisateur, nous avons écrit avec la société MK2 un film d'action teinté  de fantastique et que nous projetons de tourner à l'été 2012. Le pitch : un  goupe de soldats de la légion étrangère participe à un exercice en  Correze. Mais après avoir traversé un tunnel ferroviaire abandonné, ils se  retrouvent alors mystérieusement transporté en 1943, en plein maquis  corrézien pendant l'occupation nazi.
 
AVH :Nous vous remercions de  nous avoir accordé un peu de votre temps et vous souhaitons le plein de  réussite pour la sortie de Derrière les murs et vos projets  futurs.

PS & JL : Merci à vous, et  longue vie à votre site !
 

Publié dans Interviews

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Kenshu 18/06/2011 10:37


excellente interview!!!


Avenue de l'horreur 18/06/2011 11:55



Merci à vous deux!!!!



Billy Loomis 12/06/2011 13:47


Belle interview !!