Interview Fabien Clavel (Le miroir aux vampires)

Publié le par Avenue de l'horreur

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Nous avons pu interviewé Fabien Clavel auteur français du roman Le miroir aux vampires sorti récemment chez Baam.

 

Avenue de l’horreur : Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous vous présenter ?

 

Fabien Clavel: J’ai commencé à publier des livres en 2002 chez Mnémos. Mes premiers romans étaient inspirés d’un jeu de rôle d’occulte contemporain, Nephilim. Je me suis essayé à la fantasy parodique (Les Légions dangereuses), au péplum uchronique (La Cité de Satan) et au roman de capes et d’épées (L’Antilégende). Ensuite, j’ai eu l’occasion d’écrire pour la jeunesse chez Mango : cela a donné La dernière Odyssée et L’Apprentie de Merlin. Depuis je n’ai pas arrêté. Dans mes dernières publications, outre Le Miroir aux vampires, j’ai écrit un roman de fantasy historique, Le Châtiment des Flèches, chez Pygmalion, sur la Hongrie, pays où j’ai vécu ces quatre dernières années.

J’ai encore envie d’écrire de nombreux livres et dans des genres différents. Mon ambition actuelle serait de couvrir tous les sous-genres possibles des littératures de l’imaginaire. Mais je peux encore changer d’avis…

 

 

AVH : Récemment nous avons pu découvrir votre roman Le miroir aux vampires sorti aux éditions BAAM. Pouvez-vous nous dire comment est né ce livre ?

 

FC: J’avais proposé un projet de fantasy avec des dragons au directeur de collection, Benjamin Kuntzer. Mais c’était une trilogie et j’avais déjà une série en cours ailleurs. Nous avons convenu d’attendre. Et puis, j’ai eu l’idée et l’envie d’écrire un roman de bit-lit. Je crois que ça m’est venu en regardant The Vampire Diairies qui m’énervait par ses poncifs et que je suivais pourtant sans déplaisir. Dans cette série, le décor du lycée était accessoire et on avait encore un vampire qui se retenait de mordre par amour. Je me suis dit que j’allais renverser ces bases : mettre la vie lycéenne au cœur de l’histoire et présenter des vampires méchants. Cela devait être un roman unique au début et nous permettait de travailler ensemble sans tarder.

 

 

AVH : D’autres tomes sont il prévus ?

 

FC: Arrivé à la fin du roman, je me suis rendu compte qu’il me restait de nombreuses idées que je n’avais pas développées. Et puis, j’avais envie de poursuivre. Benjamin a accepté alors que le premier roman n’était pas paru. A ce stade, l’histoire devenait un diptyque. D’ailleurs, le tome 2 sortira en octobre.

Mais, à la fin de ma rédaction, il m’est arrivé la même chose que pour le premier. Il me restait des idées et je n’arrivais pas à lâcher Léa, mon héroïne. Je vais donc bientôt travailler sur un tome 3 qui se passera vraisemblablement à Budapest. Par contre, je préfère ne pas parler de trilogie parce que je ne sais pas ce qu’il se passera en écrivant ce roman.

 

 

AVH : Le miroir aux vampires est ce qu’on appelle du Bit Lit. Pourquoi avez-vous choisi ce genre de littérature ?

 

FC: Comme je le disais, mon ambition est de couvrir tous les genres possibles de l’imaginaire. En outre, j’ai été irrémédiablement marqué par la série Buffy que je tiens pour la meilleure du monde pour sa richesse inégalée et son humour. Donc, depuis longtemps, je rêvais d’imaginer un univers approchant. Quand le terme de Bit-Lit est arrivé, que j’ai lu Twilight sur le conseil d’élèves (ah oui, je suis enseignant aussi), je me suis dit que c’était l’occasion de revenir sur les traces de Buffy dont je revois l’intégrale presque chaque année.

 

 

AVH : Le personnage de Léa est haut en couleurs. Quelles ont été vos inspirations pour sa création ?

 

FC: Il y a eu des romans pour lesquels je me fabriquais des castings. Là, ça n’a pas été le cas. Physiquement, il fallait que le personnage ne corresponde pas entièrement aux canons de beauté. Elle est jolie mais trop grande (en tout cas, à ses yeux). En outre, afin que le lycée soit au cœur de ses préoccupations, elle devait être une bonne élève, voire une excellente élève.

Ensuite, je me suis inspiré de cas de bons élèves, garçons ou filles, que j’ai croisés et sur lesquels on fait peser une énorme pression en leur disant qu’ils doivent tirer les autres vers le haut et se faire les locomotives de la classe ; dans le même temps, on ne parle d’eux que quelques secondes au conseil de classe pour dire que tout va bien, comme si leurs résultats étaient normaux, naturels et ne demandaient aucun effort.

Pour le reste, en paraphrasant Flaubert (j’espère qu’il ne m’en voudra pas), je dirais que Léa, c’est moi.

 

 

AVH : Est-ce facile pour un écrivain homme de mettre en scène un personnage principal féminin ?

 

FC: Chez moi, c’est une chose assez naturelle. Que ce soit la tétralogie Nephilim, Homo Vampiris, L’Océan des étoiles ou L’Apprentie de Merlin, ces romans reposent sur des héroïnes. Je n’aime pas en rester aux rôles traditionnels dévolus aux filles : c’est aussi cet aspect féministe que j’apprécie dans Buffy et dans une partie de la Bit-Lit (Twilight est d’ailleurs aux antipodes de tout cela).

Sinon, afin de donner de l’épaisseur à mon personnage, je lui ai prêté la plupart des émotions que j’ai ressenties au lycée. D’ailleurs, si Léa habite Pierrefonds, c’est parce que j’y ai vécu au même âge. Et même si je n’ai pas été interne, nous sommes allés au même bahut.

A partir du moment où l’on considère les hommes et les femmes comme étant avant tout des êtres humains, il n’est pas difficile de changer de sexe le temps d’un livre. Un peu d’empathie suffit.

 

 

AVH : Un autre de vos romans, Homo Vampiris paru il y a plusieurs années, est aussi tourné vers le sujet. Est-ce un thème que vous appréciez particulièrement ?

 

FC: Si j’aime les vampires, c’est surtout à cause de Buffy. D’ailleurs, quand j’ai conçu l’univers de Homo Vampiris, je pensais écrire une histoire de super-héros. Les vampires se sont imposés par la suite parce qu’ils correspondaient mieux à l’univers que je voulais mettre en scène.

Par contre, les deux approches étaient tout à fait différentes, là où Le Miroir aux vampires est de la pure Bit-Lit, Homo Vampiris était un thriller de légère anticipation avec des vampires. La « mythologie » des deux livres est très différente. C’était justement un défi de changer complètement l’approche de la créature. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai développé le motif du miroir.

Néanmoins, les deux romans parlent de la même chose : les évolutions de la société contemporaine qui rêve de risque zéro en se précipitant la tête la première dans des dangers terribles qu’elle refuse de voir. Et le vampire incarne parfaitement ces deux tendances.

Mais j’aime aussi retrouver toutes les créatures et personnages qui m’ont fasciné enfant : loups-garous, zombies, pirates, chevaliers, cowboys, astronautes…

 


 

AVH : Où aimez-vous le plus rencontrer des vampires (Cinéma, séries TV, littérature..) ?

 

FC: Spontanément, ce sont les films qui me viennent à l’esprit. Le vampire est une créature qui a accompagné la naissance du cinéma et les deux sont inséparables. D’ailleurs, je préfère souvent les vieux films de vampires, en noir et blanc, qui traduisent bien l’oposition entre le jour et la nuit. Je pense bien sûr à Vampyr de Dreyer et à Nosferatu de Murnau qui me font vraiment peur.

Ils m’attirent moins dans les livres. Je n’ai pas lu Dracula, je n’ai pas aimé Âmes perdues de Poppy Z. Brite, j’ai préféré l’adaptation d’Entretien avec un vampire à l’original. Mon idée du vampire est née avec Buffy et donc avec des images. D’aillleurs, je suis en train de lire la saison 8 de la série en comics. Et c’est vraiment bien.

 

 

AVH : Quels sont vos projets d’écriture à venir ?

 

FC: Outre la suite du Miroir aux vampires, je travaille actuellement sur un roman de SF se déroulant en 9 après JC : les armées romains découvrent une étrange pyramide noire au beau milieu de l’immense forêt germaine. Et les soldats tombent rapidement malades à son contact… Pour l’instant, le titre est Furor et il devrait sortir l’an prochain chez J’ai Lu Nouveaux Millénaires.

Sinon, en jeunesse, le tome 2 de L’Apprentie de Merlin arrive en octobre. En 2012, si le monde existe encore, paraîtra aussi un technothriller à tendance écolo.

 

 

AVH : Quel serait pour vous l’aboutissement ultime de votre carrière d’écrivain ?

 

FC: A part devenir riche et célèbre dans le monde entier et entrer dans les classiques ? Ecrire une novélisation de Buffy.

 

 

AVH : Nous vous remercions pour le temps que vous avez bien voulu nous accorder et vous souhaitons une très bonne continuation.

 

FC: Pareillement. Et à bientôt, j’espère.

 

 

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