Freddy Krueger [Présentation d'un tueur]

Publié le par Avenue De L'Horreur

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1er dans notre Top 5 des tueurs dans le cinéma d'horreur !

 

Fiche d'identité

 

Nom : Freddy Krueger
Année de naissance : 1942
Année de décès : 1968
Taille : 1,76m
Particularité : Dispose d'un gant équipé de griffes
Bodycount : 43
Lieu de travail : Cauchemars / Elm Street
Nombre de films : 8 + 1 remake + 1 série
Films :
- Les Griffes De La Nuit
- La Revanche De Freddy
- Les Griffes Du Cauchemar
- Le Cauchemar De Freddy
- L'Enfant Du Cauchemar
- La Fin De Freddy - L'Ultime Cauchemar
- Freddy Sort De La Nuit
- Freddy Contre Jason
- Freddy - Les Griffes De La Nuit (remake)

« One-two… Freddy's coming for you
Three-four… better lock your doors
Five-six… grab a crucifix
Seven-eight… gonna stay up late
Nine-ten… never sleep again »


Pour créer Freddy, Wes Craven s'inspira de plusieurs articles parus dans les journaux lors des années 70/80, relatant l'histoire d'un homme se plaignant de cauchemars récurrents le plongeant dans un état de quasi-folie, au point qu'il en mourut au cours de l'un d'entre eux.
Ce tueur sévissant dans le monde des rêves, hanta nos écrans et nos cauchemars de 1984 avec le premier épisode écrit et réalisé par Wes Craven, au remake de 2010 de Samuel Bayer de l'écurie Platinium Dunes de Michael Bay, seul volet sans Robert Englund.
Dans le premier film, le personnage apparaît comme l'incarnation du croque-mitaine ultime, maître de son propre univers, possédant le don d'ubiquité et capable de lire dans les pensées.
Doté d'un goût très prononcé pour les jeunes, dont les parents, plus coupables qu'ils n'en ont l'air, ne semblent pas croire que leurs chers bambins soient harcelés par cette homme au visage complètement brûlé, et doté de griffes acérés à la main droite, ce premier Freddy pose les bases de la franchise la plus lucrative de l'histoire du cinéma de genre.

Mais, à la sortie l'année suivante du deuxième épisode de la saga, Jack Sholder (The Hidden) prend à contrepied les fondations établies par Les Griffes de la Nuit, en faisant du personnage principal un adolescent mal dans sa peau, qui s'avérera être le vecteur nécessaire à un Freddy totalement retravaillé (semblable à une sorcière aux yeux rouge sang) pour pénétrer dans le monde réel.
La Revanche de Freddy gagne la palme du scénario le plus crypto-gay de tous les temps (il faut voir la scène de serviettage dans les douches ou la relation malsaine qu'entretien Freddy avec le jeune Jesse Walsh) et du film le plus conspué par les fans de la franchise pour qui cet épisode ne s'intègre pas dans la saga. Pour votre serviteur, il s'agit d'une bobine diablement efficace, malsaine, qui bien qu'elle tranche radicalement avec le reste de la saga et que les effets spéciaux aient pris un sacré coup de vieux, reste la plus rythmée et possédant l'ambiance la plus délétère.

Sorti en 1987, Les Griffes Du Cauchemar introduit ce qui sera le fil conducteur de cet univers : les connexions entre les films. En réintroduisant le personnage de Heather Langenkamp, les scénaristes apportent de multiples pierres à l'édifice Freddy, créant un univers "cohérent", favorisant l'empathie envers les personnages parfois très stéréotypés et introduisant la marque de fabrique de la franchise : l'humour noir.
Car c'est dans cet épisode, au script très semblable à celui des livres Guerriers De La Nuit de Graham Masterton, qu'on introduit la punchline de Robert Englund qui va bien, et qui deviendra sa marque de fabrique : le fameux "Welcome to prime time, bitch !".
Malgré des SFX foireux et une interprétation parfois un peu poussive, on a là affaire à une production bien torchée et efficace, très graphique et inventive dans ses mises à mort.

Ça sera au tour du géant finlandais Renny Harlin, qui pour avoir le job aura campé plusieurs jours durant devant le bureau de Bob Shaye, avant de prendre en main l'année suivante, le quatrième épisode de la saga : Le Cauchemar De Freddy.
Première véritable production "MTV", cette nouvelle bobine offre des effets spéciaux très soignés, des personnages taillés à la serpe mais attachants, et bien que certaines scènes prêtent à rire (la résurrection de Freddy, les séquences de karaté, le montage hyper cut de la transformation d'Alice en combattante) et que le scénario ne soit pas des plus intelligents (Alice a des pouvoirs magiques et prend la force de ses copains) reste un des mieux produits de la saga, le plus eighties : un nanar en or en somme.

Stephen Hopkins s'est fait avoir. L'Enfant Du cauchemar, dont seules les scènes à effets spéciaux sortent du lot est le type même de film tourné sans scénario, sans inspiration, sans envie.
Quand on sait les problèmes de production qu'a connu le métrage, que ce soit les relations houleueses entre Bob Shaye et Stephen Hopkins, les coupes budgétaires à répétition et j'en passe, le résultat est à l'image du film : froid et clinique.
Rien à sauver dans ce métrage, que ce soit l'interprétation, le script pompeux et incompréhensible, soit disant réflexif ou l'ambiance, tout sonne faux. Médiocre...

Quand on parle de Freddy, on pense forcément aux cadors Wes Craven et Robert Shaye, respectivement créateur de Freddy et le producteur de la franchise.
On oublie souvent que Rachel Talalay est également une des têtes pensantes de la New Line, productrice des épisodes 3 et 4, qui passa à la réalisation du sixième et "dernier" épisode de la franchise en 1991 sous la forme d'un téléfilm de luxe.
Véritable private joke, on se retrouve devant un film clin d'œil avec de multiples caméos (Alice Cooper, Johnny Depp...), presque pas de sang ou de gore, un Robert Englund qui cabotine à max histoire de se rattraper du précédent épisode franchement moins fendard.
Mais si le Fan-Service est bien assuré, cette Fin De Freddy déçoit en tous points. N'apportant rien à la franchise, ressemblant plus à une parodie qu'à un film d'horreur, opportuniste (le climax en 3D pour attirer les foules, la BO spéciale djeuns), réducteur et franchement mais alors franchement cheapos, avec une tenue visuelle déplorable, une direction d'acteur inexistante et des SFX franchement péraves.

Mais le mal ne meurt jamais. Et visiblement insatisfait de la fin offerte à son monstre fétiche, Wes Craven, au passage diablement surestimé à l'époque nous gratifiera du premier "Inception-like" du film d'horreur avec Freddy Sort De la Nuit en 1994.
Film sur le film, se croyant plus intelligent qu'il ne l'est en réalité, terriblement Ch****, il est quand même marrant de voir que l'instigateur de la franchise qui ne meurt jamais enterrera sa poule aux œufs d'or, se vantant de le faire par intention pour cacher plutôt un manque de talent.

En plus de ces sept films, de multiples comics, jeux, goodies, et même du PQ, la galaxie Freddy fût également portée sur le petit écran entre 1988 et 1990 sous forme d'un Conte De La Crypte avec Freddy en présentateur au succès relatif mais à la qualité sensiblement semblable à la concurrence.
Et en 1993, c'est à la fin de Jason Va En Enfer que fut amorcé le crossover le plus attendu des années 1990 : Freddy Contre Jason.

Il nous aura fallu près d'une décennie de patience pour poser nos yeux sur l'affrontement entre les deux monstres (c'est le cas de le dire) sacrés du cinéma d'horreur, sous la houlette du touche-à-tout Ronny Yu pour un résultat honorable, bien ancré dans notre époque, franchement rafraîchissant et nous montrant que Krueger n'aura pas perdu de son aura même malgré les années.

Car si un des boogeymen peut se vanter d'avoir du charisme à revendre, un style bien particulier et une fanbase solide, c'est bien Freddy.
Avec un background ne favorisant pourtant pas l'empathie, le public plébiscite chacune de ses apparitions, faisant de lui le véritable héros de la série des films, véritable modèle dans la pop-culture.
Tueur d'enfant né de l'union entre une nonne et une tripotée de fous vivant dans un asile, rejeté par ses pairs, battu par son beau-père qui fût sa première victime avant de le voir se tourner vers le meurtre d'enfants, il mourra finalement brûlé vif par les parents de ces derniers.
Mais, plein de ressources, il survit depuis lors dans les cauchemars des descendants de ses assassins, et toutes les personnes de passage à Elm Street, puis de toutes celles qui croient en lui.

Car tant que sa légende persiste, le mal ne meurt jamais, et on peut tenter de lui échapper tant que l'on veut, quand on ferme les yeux, c'est dans son royaume que l'on pénètre, et dans le royaume des rêves, Freddy Krueger est le roi.


Publié dans Dossiers Horreur

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clovis simard 31/10/2013 20:37

Tueur né ou tueur fabriqué ?fermaton.over-blog.com