Critique The Bunny Game

Publié le par Avenue de l'horreur

the bunny game

 

Réalisé par : Adam Rehmeier
Scénario de : Adam Rehmeier, Rodleen Getsic
Acteurs : Rodleen Getsic, Jeff Renfro, Drettie Page, Gregg Gilmore
Année de production : 2010
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 6 mars 2013 (Elephant Films)
Date de sortie au cinéma en France : -
Pays : Etats-Unis
Saga : -

 

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Synopsis

 

Le parcours autodestructeur de Bunny, une prostituée toxicomane qui erre dans le Manhattan underground, cyberpunk et violent des années 2000, en quête de clients pour satisfaire son addiction aux substances stupéfiantes. Au détour d’une mauvaise rencontre, elle se fait enlever et subit les pires sévices d’un psychopathe qui la met face à ses propres démons.

 

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Avis de Cellophane

 

A LA CROISEE DES GENRES

Pour qui a vu les films, The Bunny Game pourra faire penser à la suite de The Brave (de et avec Johnny Depp), avoir des résonnances dans le Mulholland Drive de David Lynch, le projet Blair Witch, voire même s’apparenter à un reportage, un clip d’un peu plus d'une heure, ou bien un porno sado-masochiste.
Mais le métrage qui revient le plus à l’esprit reste incontestablement Funny Games de Michael Haneke dont cette version serait le pendant hard.

The Bunny Game est clairement à la croisée de plusieurs genres, sans jamais entrer dans aucun, le rendant parfaitement inclassable.
Ainsi, on a l'impression de visionner un reportage qui montre de façon on ne peut plus réaliste le côté sombre de la vie de prostituée pendant le premier quart d’heure, même si c'est assez poussé dans la mise en scène.
Si ce film devait avoir une étiquette, ce serait celle de "performance"...

DES ACTEURS INVESTIS

D'ailleurs Rodleen Getsic, qui joue Bunny, est présentée sur le net, entre autres, comme une performeuse – probablement uniquement pour ce film. Cependant, cette seule caractérisation définit tout : ce métrage qu’elle a co-écrit et co-produit n’est que cela. Pendant les quatorze jours qu’ont duré le tournage, elle a réellement subi les tortures et humiliations visibles dans cette oeuvre saisissante.
C’est donc son investissement et celui de Jeff Renfro, le psychopathe qui l’a enlevée, qui créent tout le malaise qu’inspire ce film. Le but recherché du réalisateur est donc atteinte et brillamment rendu.

UNE REALISATION IMPRECCABLE

Car s’il n’y avait pas de réel scénario – l’histoire tient aisément sur un timbre-poste : une prostituée droguée qui ne supporte pas ce qu’elle fait est enlevée et torturée – la mise en scène elle, est parfaitement réussie.
Les séquences sont entrecoupées de noir qui nous font oublier le temps, nous perdant dans sa linéarité comme le rappelle Hog, le kidnappeur : "j’ai perdu la notion du temps pour toi".
Le film alterne les scènes lentes et ultra saccadées, nous faisant entrer à la perfection dans l’esprit des personnages (la monotonie du début, les réflexions et souvenirs de Hog, la perte de conscience de Bunny...).
La qualité de la lumière fait aussi de cette oeuvre en noir et blanc, une réalisation parfaitement réussie et rendue à l'écran.

UNE BANDE SON QUI S'ENFONCE DANS LA TETE

De plus, la bande-son peut être elle même considérée comme aussi soignée que la réalisation : la première partie alterne sons d’ambiance et musique hard-rock, reflétant avec pertinence ce que vit Bunny. La seconde n’est quasiment que cris.
En français ou en anglais, ceux-ci vrillent rapidement l’esprit jusqu’à devenir insupportables...

FILM GENIAL OU MAUVAIS ?

On ressort de The Bunny Game totalement lessivé, en se demandant ce que l’on a vu.
Comme une performance, on y comprend ce que l’on veut – ou peut. Rien n’est donné d’autre que la vision de cet enlèvement et ces infâmes tortures.
On pourrait donc conclure que ce long métrage n’a aucun autre intérêt qu'une dénonciation ultime de la violence, voire une façon d’entrer dans l’esprit d’une personne réellement maltraîtée et ressentir ce qu’elle peut ressentir.

The Bunny Game s'avère donc être un véritable film d’horreur (interdit en Angleterre), sans l'aspect distrayant propre au genre avec une authentique et tangible percée dans ce que l’Humanité peut avoir de plus noir.
C'est une incursion aboutie dans la perversité totale, dont on ressort écœuré... ou admiratif.

Pour ma part, quand je repense au film, je me dis que j'ai perdu une heure et quinze minutes à regarder ça... Mais avec un peu de recul, je m'émerveille d'avoir vu un OVNI filmique, comme je n'en avais jamais vu jusqu'ici.
En effet, The Bunny Game offre une expérience unique, parfaitement aboutie et maîtrisée d'un bout à l'autre.
Voilà film qui ne laissera personne dans un entre-deux : soit on adore, soit on déteste, mais on ne peut pas rester indifférent !

 

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