Critique La Motocyclette

Publié le par Avenue De L'Horreur

Motocyclette.jpg

 

Réalisé par : Jack Cardiff
Acteurs : Marianne Faithfull, Alain Delon, Roger Mutton, Marius Goring, Catherine Jourdan, Jean Leduc
Année de production : 1968
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 2 juillet 2013 (Artus Films)
Date de première diffusion en France : 21 juin 1968
Pays : Royaume-Uni / France
Saga : -
Anecdote(s) : -

 

Synopsis

Rebecca est fiancée à Raymond, un professeur de collège. Après sa rencontre avec Daniel, elle tombe amoureuse et décide de se protéger de lui en se mariant avec Raymond. C'est alors que Daniel lui offre une moto comme cadeau de mariage afin qu’elle l'utilise pour aller le rejoindre en Allemagne…

 

moto-2.jpg

 

Avis de Bikinikill

Ami(e)s du LSD, de la drogue et autres substances hallucinogènes, bonjour ! Aujourd'hui nous allons nous pencher sur La Motocyclette (The Girl On the Motorcycle) de Jack Cardiff réalisé en 1968, sur un scénario de Ronald Duncan, inspiré du roman du pornographe André Pieyre De Mandiargues.
Nous sommes donc en 1968, et à la fin des 60's, une grande place est laissée à l'expérimentation dans tous les domaines de l'art et donc dans le cinéma. La Motocyclette ne va pas y échapper…

Rebecca (Marianne Faithfull) est fiancée à Raymond, un professeur de collège (Roger Mutton). Après sa rencontre avec Daniel (Alain Delon), elle tombe amoureuse et décide de se protéger de lui en se mariant avec Raymond. C'est alors que Daniel lui offre une moto comme cadeau de mariage afin qu’elle l'utilise pour aller le rejoindre en Allemagne…

Si on connaît Jack Cardiff en tant que directeur de photographie dans des films mythiques comme Le Narcisse Noir, au travers desquels l'excellence de son travail très classique crève l'écran, on le connaît un peu moins en tant que metteur en scène.
Pourtant, l'homme a connu un succès certain avec Sons And Lovers en 1960 qui a été nominé aux Oscars, mais il est vrai que le bougre a surtout œuvré dans un septième art plutôt expérimental…
D'ailleurs, dès les premières minutes de La Motocyclette, Jack Cardiff s'en donne à cœur-joie dans la colorimétrie saturée agressive, dans la surenchère de surexposition / surimpression et tutti quanti. Inutile de régler votre télé, c'est fait exprès !
Bref, en l'espace de quelques minutes hallucinogènes qui feraient passer les vêtements des clowns de Mir Couleur pour des costumes ultra sobres, le réalisateur pose les bases de ce que va être le reste du film : expérimental, érotique, onirique expérimental, expérimental et encore expérimental…

Ainsi, si la réalisation se veut ouvertement barrée, autant dans les prises de vue que dans le choix de la photographie, le scénario somme toute assez classique, va cependant laisser la part belle à de nombreux flashbacks sur le passé alambiqué de la délicieuse Rebecca et mettre en avant le personnage principal : la moto.
En effet, c'est autour de la Harley Davidson que La Motocyclette développera sa trame. Tantôt instrument de liberté, tantôt machine perverse, la mécanique diabolique accompagne la belle héroïne dans sa fuite en avant vers l'homme qu'elle aime et l'amène à se (re)découvrir et à (re)découvrir ses sens.

Evidemment, le côté radical de la mise en scène et de son traitement ne remportera pas tous les suffrages. De fait, si les plus aguerris au cinéma bis pourront facilement trouver dans La Motocyclette une poésie et un questionnement sur le mal / bien être plutôt bien amenés, les spectateurs plus "classiques" auront du mal à trouver un quelconque intérêt dans ce film qui se construit autour de la relation entre Rebecca et sa Harley Davidson, puisque la belle chevauchera son engin de fer pendant plus de la moitié du film. Quant aux épileptiques et aux cardiaques, ils peuvent décéder à tout moment s'ils n'ont pas pris leurs cachetons…
Mais qu'on ne s'y trompe pas : même si le métrage part dans tous les sens et que certaines situations flirtent avec le ridicule (ou l'incompréhensible), l'univers déjanté de Jack Cardiff et le charisme de Marianne Faithfull ne laissent pas indifférent.

Au final, s'il est indéniable que La Motocyclette ne fait pas dans la demi-mesure (soit on aime, soit on n'aime pas), force est de constater que le long métrage interpelle et diffuse une aura 60's réellement libertaire, loin des carcans cinématographiques habituels.
Jack Cardiff perdra certainement beaucoup de spectateurs en chemin, mais c'est ça le prix de la liberté artistique…

 

3

Commenter cet article