Critique L'Epée Enchantée

Publié le par Avenue de l'horreur

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Réalisé par : Bert I. Gordon
Scénario de : Bert I. Gordon, Bernard C. Schoenfeld
Acteurs : Gary Lockwood, Basil Rathbone, Jacques Gallo, Anne Helm, Estelle Winwood
Année de production : 1962
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 2 avril 2013 (Artus Films)
Date de sortie au cinéma en France : 25 avril 1962
Pays : Etats-Unis
Saga : -

Synopsis

Pour délivrer la princesse Hélène enlevée par le sorcier Lodac, George va devoir affronter sept malédictions : ogre, cratère de feu, femme vampire, apparitions pétrifiantes, galerie de monstres, sorcière, et dragon. Doté d’une armure magique, un cheval merveilleux, et une épée enchantée, il sera aidé par sept chevaliers ressuscités...

 


Avis de Bikinikill

Et bien, ce début d'année 2013 marque un véritable regain de forme chez Artus Films qui n'en finit pas de nous régaler ! En effet, après nous avoir gratifié de L'Attaque De Fort Douglas et du Fier Rebelle dans la catégorie des "Grands Classiques Du Western", voilà que l'éditeur se permet le luxe d'ouvrir une nouvelle collection, intitulée "Collection Fantasy".
Pour marquer le coup, Artus nous offre ni plus ni moins que l'un des tout premiers (le premier ?) films d'Heroïc Fantasy sur grand écran : L'Epée Enchantée réalisé par Bert I. Gordon en 1962.

Réalisateur spécialisé dans la science fiction et les séries B horrifiques depuis le début des 50's (Serpent Island, Beginning Of The End…), Bert I. Gordon, aussi surnommé par ses pairs comme Mister B.I.G., s'est fait remarqué par l'American International Pictures rapidement, grâce à sa spécialité : faire des films avec des monstres géants comme The Cyclops, The Amazing Colossal Man ou bien King Dinosaur (disponible chez Artus dans le coffret "Les Dinosaures Attaquent").
Désireux de se donner des challenges, l'homme va quitter ses studios d'adoption à la fin des 50's, pour aller s'acoquiner avec la United Artist Corporation et abandonner les monstres géants pour s'essayer à un autre style encore balbutiant à l'époque : l'Héroïc Fantasy…

George, un jeune chevalier, est amoureux de la princesse Hélène, la fille du roi voisin. Lorsque cette dernière est enlevée par le redoutable sorcier Lodac, George, malgré les mises en garde de sa mère adoptive, la sorcière Sybil, décide de voler à son secours. Mais le royaume de l'ignoble enchanteur n'est qu'horreur et désolation, et George va devoir affronter les sept malédictions qui protègent le château de Lodac avant d'atteindre sa demeure. Armé d'une épée enchantée, Ascalon, le courageux jeune homme selle Bayard, un cheval magique, et part délivrer sa belle. Sept chevaliers émérites l'accompagnent. Mais un traître s'est glissé parmi eux...

Evidemment, on ne peut pas dire que L'Epée Enchantée n'a pas pris une ride, car les effets spéciaux sont vraiment datés (les décors en carton pâte, les inserts faits à l'arrache, les maquillages…), certaines situations sont très convenues, d'autres sont incompréhensibles et les ressorts "comiques" de la sorcière Sybil et de sa clique (un personnage à double tête ainsi qu'un chimpanzé) s'apparentent beaucoup à ceux d'Endora de Ma Sorcière Bien Aimée (sic) avec à clé une musique rigolote "pouêt pouêt" à chacune de ses apparitions…
Ceci étant, même cinquante ans après sa sortie, il faut bien avouer qu'on se plonge avec plaisir dans l'œuvre de Bert I. Gordon, tant on sent que le réalisateur a pris plaisir à faire ce film et à travailler sur la création d'un univers d'Heroïc Fantasy, alors encore quasiment inexistant au cinéma.
Ainsi, c'est avec un plaisir coupable – mais non dissimulé – qu'on découvre toute une galerie de personnages fantastiques (sorciers, nains, coneheads…) et de monstres (ogres, dragons, vampires…) dans un univers aux aventures oniriques et aux teintes chevaleresques marquées. L'ombre d'Ivanhoé plane parfois sur l'ensemble, mais la paire Bert I. Gordon / Bernard C. Schoenfeld a su favoriser dans son scénario un souffle épique et fantastique tellement roublard, qu'il en est imparable… même en 2013 !
En effet, les innombrables idées mises en avant dans les différentes trames de L'Epée Enchantée gomment tous les nombreux défauts du film (la gestion des acteurs, le faible budget alloué au projet…) et donnent à cette pellicule un souffle très novateur pour ce début des 60's, même si la créativité débordante n'est pas toujours très bien exploitée et canalisée.

A l'arrivée, L'Epée Enchantée a pas mal vieilli (notamment au niveau des effets spéciaux) mais force est de constater le charme désuet de la bobine de Bert I. Gordon fait toujours mouche et qu'il est difficile de ne pas être happé par cet univers ô combien attractif et novateur pour l'époque.
Mine de rien, malgré quelques errances scénaristiques ici et là, L'Epée Enchantée a beaucoup apporté au genre, puisqu'il a essuyé pas mal de plâtre en posant des bases qu'on retrouve encore dans l'Heroïc Fantasy (du cinéma, aux jeux vidéo en passant par la littérature) comme Le Choc Des Titans, Conan, The Barbarians, Excalibur et bien d'autres encore…



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