Critique L'Attaque De Fort Douglas (1956)

Publié le par Avenue de l'horreur

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Réalisé par : Kurt Neumann
Scénario de : Maurice Geraghty, Milton Krims
Acteurs : Scott Brady, Rita Gam, Neville Brand, Lori Nelson, Allison Hayes
Année de production : 1956
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 2 avril 2013 (Artus Films)
Date de sortie au cinéma en France : -
Pays : Etats-Unis
Saga : -

Synopsis

Jonathan Adams, un jeune peintre, a fui la civilisation pour s’installer à Fort Douglas, étant ainsi plus proche de la nature et des indiens qui l’inspirent pour ses tableaux. Alors que sa fiancée Cynthia arrive à l’improviste, le surprenant avec une jeune indienne, le trafiquant Butler anime les hostilités des indiens contre les colons afin de vendre ses armes. La tension monte et Adams se retrouve au milieu d’un conflit qu’il n’a pas souhaité...

 


Avis de Bikinikill

Et de trois ! Après avoir édité l'année dernière Fort Invincible avec Gregory Peck et Lon Chaney Jr. , puis tout récemment Le Fier Rebelle de Michael Curtiz avec Alan Ladd et Olivia de Havilland, voilà qu'Artus Films nous sort de derrière les fagots, un troisième titre dans sa collection "Les Grands Classiques Du Western", intitulé L'Attaque De Fort Douglas.

Jonathan Adams est un jeune peintre qui vit dans une petite garnison, le Fort Douglas dans une paix toute relative avec les Iroquois vivant aux abords du camp. Cependant, Butler, un homme vil, tente par tous les moyens de déclencher une guerre entre indiens et colons afin de pouvoir vendre des armes aux deux communautés. L'arrivée au Fort Douglas de Cynthia, sa fiancée, et le meurtre du fils du chef indien par Butler vont venir chambouler les journées bucoliques de Jonathan, qui va, malgré la guerre qui se prépare entre les deux peuples, tomber sous le charme d'une indienne, Onida, et tenter de ramener la paix...

Mis en boîte en 1956 par Kurt Neumann (La Mouche Noire, Esclaves Pour Rio, Le Fils D'Ali Baba et pas mal de métrages de Tarzan…), ce film souffre d'une calamiteuse réputation dans le p'tit monde du western, notamment à cause d'une utilisation massive de stock shots pour la plupart issus du long métrage de John Ford, Sur La Piste Des Mohawks (1939). Il faut dire aussi que Kurt Neumann est un habitué de ce genre de réutilisations éhontées puisqu'il avait fait de même pour de très nombreux films comme 24 Heures Chez Les Martiens ou bien Kronos.

Pourtant, sur le papier L'Attaque De Fort Douglas se posait d'emblée comme une œuvre intéressante, mettant en avant la place des amérindiens dans l'histoire et la lente construction des Etats-Unis, un peu dans la lignée de La Flèche Brisée de Delmer Daves (1950) et laissant entrevoir ici et là une toile de fond pacifiste au sein de la violence de la conquête de l'ouest.

Mais très vite, on va déchanter.

En effet, malgré quelques bonnes idées (le héros est un peintre, l'idylle "interraciale"…), les scénaristes Maurice Geraghty et Milton Krims ne vont pas les exploiter à fond, pour au final nous servir un récit trop convenu pour pouvoir véritablement être prenant.
Et là où le bât blesse, c'est que la mise en scène Kurt Neumann s'avère être elle-même trop moyenne (en plus des nombreux stock shots) pour rehausser l'ensemble. Le spectateur se retrouve donc être au centre d'un western de série B fauché assez poussif et aux rebondissements si prévisibles qu'ils ne marqueront pas vraiment les mémoires.
De plus les costumes des colons et les maquillages des indiens sont si fantaisistes qu'il sera impossible de classer L'Attaque De Fort Douglas dans un quelconque contexte historique…
Bref, force est de constater que le faible budget alloué au projet, ne permet pas à la créativité et à l'originalité de compenser l'ensemble. C'est bien dommage…

Pourtant, tout n'est pas à jeter dans L'Attaque De Fort Douglas !
Ainsi, les comédiens principaux sont parfaitement à l'aise avec leurs personnages : Scott Brady (Johnny Guitare, La Horde Sauvage) en tête, dans la peau d'un peintre volage mais farouchement opposé à toute forme de violence ainsi que John Hoyt (Spartacus) en infâme méchant sournois…
Les décors eux, sont assez vieillots et les couleurs tape-à-l'œil mais certaines scènes d'action et plans extérieurs sont bien amenés (même si la plupart viennent directement de Sur La Piste Des Mohawks de John Ford).
Qui plus est, le charme désuet du film et son entertainment assumé font qu'on passe quand même un bon petit moment, à condition de ne pas être très regardant sur les nombreuses incohérences (historiques, scénaristiques et techniques…).
De même, L'Attaque De Fort Douglas possède une teinte érotique assez prégnante pour l'époque, notamment avec les apparitions des délicieuses Allison Hayes, Lori Nelson et surtout Rita Gam (la scène du lac) qui tomberont toutes sous le charme du personnage de Jonathan Adams joué par Scott Brady.
Bref, plus on avance dans le film, plus on se dit que ce western ne se prend pas tellement au sérieux tant on y trouve ici et là des notes d'humour (parfois involontaires ?) dans les conquêtes amoureuses de notre héros et ce, malgré le fait qu'il y ait une volonté farouche de prôner l'égalité entre les peuples.
A partir de là, difficile de dire si L'Attaque De Fort Douglas est en avance sur son temps ou complètement à côté de la plaque…

En fin de compte, même si ce long métrage de Kurt Neumann ne peut pas se targuer de faire réellement partie des "grands classiques" du western, ne serait-ce que par son scénario au ras des pâquerettes et sa mise en scène molle du genou, il n'en reste pas moins un film fauché de série B (voire même Z) assez rare pour les cinéphages de tous poils.
A ce titre, il serait bien dommage d'y passer à côté, dans la mesure où il s'affiche ouvertement comme pro indien et qu'il bénéficie d'une teinte érotique à peine voilée… c'est toujours ça de pris !


2.5

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