Critique Joe L'Implacable

Publié le par Avenue De L'Horreur

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Réalisé par : Antonio Margheriti
Scénario de : María Del Carmen Martínez Román
Acteurs : Rick Van Nutter, Halina Zalewska, Mercedes Castro, Renato Baldini
Année de production : 1967
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 7 mai 2013 (Artus Films)
Date de sortie au cinéma en France : 9 juillet 1967
Pays : Italie / Espagne
Saga : -

Synopsis

A la fin de la guerre de Sécession, les convois d’or du Gouvernement sont régulièrement pillés par des bandits. Le sénateur décide alors de confier la surveillance des chargements à l’agent spécial Joe Ford, plus connu sous le nom de Dynamite Joe...

 

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Avis de Bikinikill

 

"'COS I'M T.N.T..."

Pan ! Pan ! Yiiiiiihaaaaa ! Artus Films revient à la charge en nous gratifiant en ce (joli) mois de mai, d’un nouveau catalogue consacré aux westerns spaghetti, après nous avoir régalé il y a peu de westerns dits "classiques" comme L'Attaque De Fort Douglas ou bien Le Fier Rebelle.
Avec cette nouvelle fournée de trois titres que sont Joe L’Implacable, Texas et Un Train Pour Durango, la maison d'édition française rend hommage à un pan du cinéma rital ô combien accrocheur pour tout cinéphile qui se respecte.

ANTONIO TOUCHE-A-TOUT

S’il est bien un réalisateur inclassable et touche-à-tout dans le monde du cinéma, c’est bien Antonio Margheriti qui s’est toujours plu à marier les genres au travers de tous ses films (il a réussi le mélange western / kung-fu dans La Brute, Le Colt Et Le Karaté, quand même !) et ce, dans un vaste éventail allant de l’horreur gothique (La Vierge de Nuremberg, Danse Macabre, La Sorcière Sanglante) à l’espionnage (Bob Fleming : Mission Casablanca, Operation Goldmanrien à voir avec Jean-Jacques, hein ? ) tout en passant par l'aventure (Les Aventuriers De Cobra D'Or), la guerre (Héros D'Apocalypse) et bien entendu le western au travers d’œuvres comme Avec Django La Mort Est Là, Et Le Vent Apporta La Violence et bien sûr, Joe L’Implacable...

A la fin de la guerre de Sécession, les convois d’or du Gouvernement sont régulièrement pillés par des bandits. Le sénateur décide alors de confier la surveillance des chargements à l’agent spécial Joe Ford, plus connu sous le nom de Dynamite Joe...

Tourné en 1967, alors que la trilogie du dollar de Sergio Leone (Pour Une Poignée De Dollars, Et Pour Quelques Dollars De Plus, Le Bon, La Brute Et Le Truand) bat son plein et que le western italien est sur le devant de la scène, Joe L’Implacable se devait de se démarquer de cet univers.
Et pourtant, dès les premières minutes du métrage, on retrouve notre héros solitaire, Dynamite Joe (Rick Van Nutter vu dans Opération Tonnerre ou Ivanhoé) en poncho, cigarillo en bouche face à plusieurs bandits voulant en découdre avec lui… Joe L’Implacable serait-il donc un énième ersatz de la trilogie des dollars ?
Non, car après une terrible explosion réduisant en cendre ses ennemis les brigands, Antonio Margheriti rentre dans le vif de son sujet, en optant gaillardement pour un mixage western / comédie, avec une ambiance directement inspirée d'une nouvelle série alors à la mode : Les Mystères De L'Ouest.
En effet, la scénariste María Del Carmen Martínez Román (Tire Encore Si Tu Peux, Hercule Contre Les Fils Du Soleil) a choisi d'utiliser un prisme de vision volontairement léger pour se démarquer de la masse et d'utiliser à bon escient la toile de fond aventure / espionnage / comédie.

BAAAAAOOOOUUMMM !


Mais aussi bon soit-il dans le cadrage et la technique, Antonio Margheriti n'est pas tellement dans son élément dans le style humoristique et la mise en images de la comédie pur et dure. Son truc à lui, c'est les explosions.
Ainsi, depuis ses débuts en tant qu'artisan technicien ès effets spéciaux, Antonio Margheriti a toujours eu un (gros) faible pour les gros boums, les destructions massives de maquettes, les détonations etc.
Et autant dire que Joe L’Implacable (Dynamite Joe en VO) va lui permettre de donner libre cours à son "addiction" pétaradante et de s'en donner à cœur joie avec des scènes d'action parfois farfelues… mais pleines d'explosions ! Certains diront même que le metteur en scène italien a décidé de faire ce film écrit par María Del Carmen Martínez Román rien que pour ça…
Car, il faut bien avouer que mises à part les séquences primitive (mais jouissives) de détonations dans tous les sens et de destruction, le côté comédie a du mal à prendre. Antonio Margheriti n'a jamais été tellement à l'aise dans ce registre-là, et ça se sent. Et malgré quelques clins d'œil appuyés à l'esprit des Mystères De L'Ouest, mais aussi à James Bond (la montre explosive, le cigare explosif…) ou quelques situations gentiment cocasses (l'entrée par le mur à grands coups de dynamite pendant réunion des sénateurs), il faut bien avouer que Joe L’Implacable peine à nous faire sortir un quelconque sourire tant les ficelles sont grosses.

Pourtant, au-delà les scènes d'humour un peu pataudes (les prostituées qui défendent le fort…), on se laisse prendre au jeu de ce film, tant la prestation de Rick Van Nutter en cow-boy artificier, dandy et dragueur est remarquable. Le bonhomme se donne à fond dans son rôle et colle à merveille à son personnage.
De même, la galerie des rôles secondaires tient bien la route et possède son lot de "gueules" puisqu'on retrouve dans Joe L’Implacable toute une ribambelle d'habitué(e)s du genre comme Ricardo Palacios, John Guillermin, Paul Naschy, Renato Baldini, Santiago Rivero ainsi que la délicieuse Barta Barri (vue dans Soleil Rouge, notamment) ou même Halina Zalewska (La Sorcière Sanglante).
Pour ne rien gâcher, la photographie bien léchée de Manuel Merino, un habitué du genre, qu'on retrouve aussi sur des métrages comme Kid Rodelo, Cavalca E Uccidi ainsi qu'au générique de pas mal d'œuvres de Jess Franco, retranscrit à merveille l'univers du western à l'italienne.

En définitive, malgré quelques atout imparables au niveau de l'action et du spectacle, Joe L’Implacable s'avère être un western très sympathique, mais qui est loin d'être indispensable pour le commun des mortels et les aficionados.
Pour sa première incartade dans le monde du western spaghetoche mélangé avec de la comédie, on sent bien qu'Antonio Margheriti n'est pas au sommet de son art, si bien qu'on a l'impression que ce film n'est qu'un "brouillon" qui annonce d'autres métrages plus intéressants. Il récidivera d'ailleurs un an plus tard avec Avec Django La Mort Est Là en mixant le western et l'esprit gothique, puis avec le fantastique l'année suivante (Et Le Vent Apporta La Violence)… "mais ça, c'est un autre histoire", comme dirait Conan.

 

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