Critique Ebola Syndrome

Publié le par Avenue De L'Horreur

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Réalisé par : Herman Yau
Scénario de : Chau Ting
Acteurs : Anthony Wong, Yeung Ming Wan, Shing Fui-On, Chan Miu-Ying, Lo Meng
Année de production : 1996
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 3 octobre 2006 (HK Vidéo)
Date de sortie au cinéma en France : -
Pays : Hong Kong
Saga : -
Anecdote(s): -

 

Synopsis

 

Sam, un employé de restaurant vivant et travaillant à Hong Kong, se voit obligé de fuir en Afrique du Sud après avoir couché avec la femme de son patron. Là-bas, il retrouve du travail dans un restaurant mais est exploité par ses nouveaux employeurs qui le savent en fuite. D'une nature violente, Sam viole une femme dans un village africain et contracte le virus Ebola. Après que son patron et sa femme apprennent l'existence de sa maladie, il les tue et les utilise comme "hamburger" servi à la clientèle, répandant par là-même le virus. Sam décide de rentrer à Hong Kong. Bientôt le virus Ebola se diffuse autour de lui et dans la ville...

 

Avis de Opyros

 

Aujourd'hui on s'attaque à du lourd avec Ebola Syndrome, l'un des films emblématiques de la catégorie 3 (avec The Untold Story du même Herman Yau ou encore The Story Of Ricky de Lam Nai-Choi), ainsi qu'un sommet de mauvais goût assumé. La catégorie 3 renvoie au système de classification hongkongais. Il correspond, stricto sensu, à notre "nterdit au -18 ans" car étant le niveau le plus élevé de ce système de classification. Dans les faits, cela se rapproche plus d'un -16 (cela dépend des métrages). En gros, la catégorie 3 made in HK, c'est une orgie de sang, de sexe et de (très) mauvais goût. Précisons enfin qu'on a coutume de désigner comme telle, les films exclusivement HK (car en tant que système de classification, il peut s'appliquer à des films de n'importe quelle nationalité), et qu'on situe son âge d'or au début des années 90.

Ebola Syndrome raconte l'histoire d'un jeune homme (Anthony Wong) pas très équilibré, qui, après un triple meurtre, quitte Hong Kong pour l'Afrique du Sud. Il se retrouvera alors contaminé par le virus ebola, à la suite du viol d'une femme infectée, qu'il trouva inconsciente au milieu de la savane.
Sa route sera traversée par beaucoup d'autres meurtres, viols et quantité d'actes peu civiques.

Ce qui frappe avant tout, à la vue du métrage, ce n'est pas tant la violence graphique, car cette dernière n'est jamais très outrancière, mais son immoralité totale, qui pour le coup l'est royalement.
On assiste à des viols, humiliations, masturbation dans une pièce de viande (laquelle sera cuisinée par la suite et vendue), et autres joyeusetés de ce genre ; le tout agrémenté d'un racisme patenté. On peut être choqué, voire s'indigner, devant un tel étalage, mais le film n'est résolument pas à prendre au premier degré. Anthony Wong, le bad guy de l'histoire, en fait des tonnes et des tonnes, il enchaîne les mimiques comme une prostituée les maladies vénériennes. L'acteur est en total roue libre et le fait avec beaucoup de talent. On ne peut s'empêcher d'être amusé par les pérégrinations de ce mauvais bougre.

Pour autant, le film n'est pas à mettre entre toutes les mains, car il faut pouvoir dépasser l'immédiateté éminemment craspec de la pellicule. Ainsi, certaines personnes trouveront le film absolument immonde, d'autres extrêmement drôle. A l'instar d'un Troma ou de certains Schnaas (pour brasser large), il faut accepter le parti pris du métrage. C'est le genre de film qui en fait trop. Excès de générosité pourrait-on dire. Mieux vaut être un habitué donc, pour éviter l'indigestion.

Pour ce qui est de sa réalisation, Ebola Syndrome est assez basique, tout en respectant les règles élémentaires de la grammaire cinématographique (ce qui n'est pas toujours le cas avec ce type pellicule). Quelques plans sortent du lot à l'occasion, mais globalement le réalisateur s'est montré étrangement sage et mesuré.

Ce qu'on retiendra surtout du film, c'est son immoralité et son "humour". Une œuvre royalement barrée et outrancière, à l'image d'un Anthony Wong sous acide. Un métrage pour amateur de mauvais goût, qui fait l'effet d'une pizza froide un lendemain de cuite, on aime ça même si on ne devrait pas.



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