Critique Bandidos (1967)

Publié le par Avenue De L'Horreur

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Réalisé par : Massimo Dallamano
Scénario de : Romano Migliorini, Gianbattista Mussetto, Juan Cobos
Acteurs : Enrico Maria Salerno, Terry Jenkins, Venantino Venantini, Maria Martin, Chris Huerta, Fred Robsahm
Année de production : 1967
Date de sortie en DVD/Bluray en France : 3 septembre 2013 (Artus Films)
Date de sortie au cinéma en France : -
Pays : Italie / Espagne
Saga : -
Anecdote(s) : -

Synopsis

Richard Martin, un remarquable tireur, se fait attaquer par des bandits à la solde de Billy Kane, qui a jadis été son élève. Billy lui laisse la vie sauve, pour ne plus rien lui devoir, mais meurtrit ses deux mains. Richard se retrouve comme une moitié d’homme, et devient alcoolique. Pour assumer sa vengeance, il décide de former un nouvel élève : Ricky Shot.

 

 


Avis de Bikinikill

Bang ! Bang ! Yeepeeeeeee ! Voilà qu'Artus Films revient au grand galop pour compléter sa collection "Western Européen", commencée en début d'année au travers de Texas, Un Train Pour Durango et Joe L'Implacable avec des nouveaux westerns spaghettoche qui en ont dans le pantalon.
Le premier de la liste est l'excellent Bandidos de Massimo Dallamano sorti en 1967 via une coproduction italo-espagnole.
En cette année, Massimo Dallamano a un CV long comme le bras dans le milieu du cinéma (il a été le directeur de la photo pour des films mythiques comme Pour Une Poignée De Dollars ou Pour Quelques Dollars De Plus de Sergio Leone) mais n'a jamais endossé la casquette de réalisateur.
Et c'est à cinquante ans que le bonhomme se lance dans l'aventure, avec un premier long métrage – un western, donc – du nom de Bandidos.

Voilà le pitch : Richard Martin, un remarquable tireur, se fait attaquer par des bandits à la solde de Billy Kane, qui a jadis été son élève. Billy lui laisse la vie sauve, pour ne plus rien lui devoir, mais meurtrit ses deux mains. Richard se retrouve comme une moitié d’homme, et devient alcoolique. Pour assumer sa vengeance, il décide de former un nouvel élève : Ricky Shot.

Contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre pour un premier dépucelage derrière la caméra, le sieur Massimo Dallamano va nous sortir un Bandidos de haute volée.
En effet, même si l'homme est un novice en tant metteur en scène, ses longues années de travail en tant que directeur de la photo, assistant réalisateur, chef opérateur etc. vont lui être fort bénéfiques.
Ainsi, ce western s'avère être techniquement bien tourné (les gros plans et les plans larges d'enchaînent à merveille, l'utilisation du travelling est bien amenée, la photographie est à tomber parterre) et savamment bien travaillé. Il faut dire aussi que le père Dallamano a su s'entourer d'une équipe de fines gâchettes, notamment dans le casting qui crève l'écran, grâce à l'excellence du trio Enrico Maria Salerno, Venantino Venantini et le jeune Terry Jenkins.
Si le p'tit dernier est un cran en dessous des deux autres dans son jeu d'acteur un peu trop rigide (Terry Jenkins était à la base un mannequin), c'est le tandem Enrico Maria Salerno / Venantino Venantini porte le film sur ses larges épaules… alors même que Bandidos est leur tout premier western en tant que comédiens ! Mais ces deux roublards-là, ne sont pas des débutants en cette année 1967 puisqu'Enrico Maria Salerno est une grande star en Italie (il a joué dans I Soldi, La CIA Mène La Danse ou bien Casanova 70) et que ce bon vieux Venantino Venantini est un habitué des films d'action ou comédie (il est surtout connu en France pour ses rôles dans Les Tontons Flingueurs ou Le Corniaud).
Et contre toute attente, les deux acteurs vont coller parfaitement à leurs rôles – pourtant aux antipodes de ce à quoi il nous avait habitués – et rentrer avec grâce dans leurs bottes de cowboys afin de donner beaucoup d'épaisseurs à leurs personnages (la déchéance physique et psychologique de Richard Martin en proie au doute et en quête de vengeance, le cynisme de Billy Kane alors que sa petite bande le trahit…).

Pourtant, Bandidos ne brille pas par son scénario très original, qui ne se contente que de mettre en place une histoire de vengeance / alliances / trahisons sous des ambiances lourdes. Mais le tour de force de Massimo Dallamano va être de transcender l'ensemble grâce à une réalisation impeccable (la scène de carnage dans le train, les duels…) en jouant admirablement bien avec les longueurs (le travelling du train après l'attaque) et l'action pure, le tout auréolé d'une musique qui prend aux tripes signée Evangelisti et Macchi.
Le réalisateur se spécialisera plus tard dans les atmosphères pesantes dans d'autres films comme Mais Qu'avez-vous Fait A Solange ?, Dorian Gray ou bien le terrible La Lame Infernale
Qui plus est, Bandidos fera la part belle aux gunfights épiques et sanglants ainsi qu'à des scènes violentes qui font plaisir à voir. La violence gratuite y tient d'ailleurs une grande place (la mort du premier Ricky Shot, la boucherie du train etc.). On ne va pas bouder notre plaisir !

Que dire de plus ? Jetez-vous sur ce film ! Viiiite !

 

4.5
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