Critique Abominations

Publié le par Avenue De L'Horreur

Auteurs : Gabrielle Raphaëlle Wolf, Sylvain Johnson, Mélodie Lombardot, Morrigan K. Stern, Anne Feugnet, Daphné SK. Lhermenier, Maritza, Anne Bardelli, Deborah J. Marrazzu, Rachel D. Foret, Kyoko et Clélia Wings.
Pages : 257
Editeur : auto-édition
Collection : /
Date de sortie : octobre 2014
Pays : France
Saga : /

« Par une nuit de tempête, douze auteurs se sont retrouvés seuls.
Un bruit sourd. Un claquement de porte. Une ombre monstrueuse à leur fenêtre. Chaque atrocité s’insinue dans les tréfonds de leur être.
Mais alors qu’ils croyaient avoir vécu le pire, leurs angoissent les plus secrètes ressurgissent. Avant d’ouvrir la porte de leur histoire, réfléchissez-y à deux fois !
Une abomination se cache peut-être derrière… »

Avis de JennDidi

Abominations est un recueil de nouvelles horrifiques comme le laisse présager le résumé et surtout la magnifique couverture réalisée par Laetitia Pecqueux. On ne parle pas souvent des illustrations des romans alors que c’est un des atouts majeurs pour donner envie aux lecteurs. Celle d’Abominations est franchement géniale, bravo !

Abominations fait partie des recueils lancés par Gabrielle Raphaëlle Wolf et j’avais envie de lire celui-ci depuis longtemps. C’est à l’occasion d’une dédicace d’Anne Feugnet, auteure que j’apprécie particulièrement, que j’ai pu m’offrir enfin le graal !

Douze auteurs pour douze nouvelles toutes aussi horribles (dans le bon sens du terme) les unes que les autres, et qui se démarquent par une fin qui « nous laisse sur le cul ». Partez à la découverte des monstruosités venant du fin fond de l’imagination de ces auteurs.

    La première nouvelle s’intitule Au cœur du Massacre et est signée Gabrielle Raphaëlle Wolf. L’auteure nous fait rencontrer une créature bien singulière qui est séquestrée dans une banlieue tout ce qu’il y a de plus normale. On va apprendre son histoire en même temps qu’elle car elle n’a rien connu d’autres que sa chambre barricadée. C’est une histoire très bien construite avec une fin dérangeante, autant dire que j’ai vraiment apprécié !

    La deuxième est de Sylvain Johnson et s’appelle La piste Cellulaire. C’est une nouvelle superbement écrite avec un final coup de poing. Attention lecteur, Sylvain Johnson va vous retourner le cerveau ! Même si, arrivée au milieu de la nouvelle, je commençais à me lasser, je n’ai franchement rien à redire quant à la fin, qui m’a laissé le sourire aux lèvres et j’ai laissé échapper, je l’avoue, un petit rire diabolique.

    L’histoire suivante est mon coup de cœur personnel même si, je le répète, elles sont toutes géniales, il n’y a rien à enlever ! Blanche Colombe raconte l’histoire d’une femme dans les années 1968 qui a subi les conséquences d’un mauvais choix. Mélodie Lombardot nous laisse sceptiques dès les premières phrases pour finalement nous rendre accros à son histoire. C’est extrêmement bien raconté et le choix de l’histoire me plait aussi énormément.

    La quatrième, Le porteur, est celle de Morrigan K. Stern. Je ne m’attendais pas à un tel récit dans un livre d’abominations. C’est frais et en même temps mystique. J’ai été happée par l’histoire et le suspense est bien au rendez-vous. On se sent obligé de lire très vite pour comprendre ce qui arrive au personnage et, une fois encore, la fin est géniale.

    On en arrive à la nouvelle écrite par Anne Feugnet et intitulée L’héritage de la cousine Emma. Dès le début, le lecteur est interpellé par l’histoire que raconte le narrateur, Jérémy. Il nous parle de sa rencontre avec une fille qui s’appelle Aurore et qui va vivre une histoire bien particulière. Au fil du récit, Anne Feugnet nous laisse des petits indices pour comprendre où se situe le problème mais on ne peut imaginer ce qui va suivre. L’héritage de la cousine Emma est une nouvelle superbement écrite et imaginée. Une fois de plus, le talent d’Anne Feugnet a été à la hauteur de mes espérances.  

    Avec La Chute, Daphné SK. Lhermenier nous emmène dans le monde originel avec un combat entre le créateur et ses créatures. L’histoire est superbement imaginée et le lecteur se surprend à éprouver de la compassion pour ces êtres venus du néant. La fin est brutale et atroce, elle répond bien au thème du recueil.

    La septième histoire se nomme Assoiffée et a été écrite par Maritza. C’est un récit plutôt court mais qui ne manque pas de mordant. J’ai franchement adoré cette histoire abominable qui est différente des autres. En effet, celle-ci est particulière puisqu’elle peut réellement exister dans notre monde. La fin m’a plu et m’a même fait sourire.

    Amours lointains d’Anne Bardelli est franchement pas mal ! L’histoire débute avec des jeunes voulant faire la fête et qui trouvent un coin dans un cimetière pour se détendre. Rien d’anormal là-dedans pour le moment mais là où l’auteure fait fort, c’est qu’elle va rassembler le surnaturel et le suspense à un seul endroit : la fin. On se doute évidement de ce qui va arriver mais cela n’entache en rien le plaisir de lire.

    Une nouvelle plutôt soft mais tellement bien écrite qu’on ne peut que l’aimer : L’ours et l’enfant de Déborah J. Marrazzu. C’est l’exception qui confirme la règle. On est plus dans le fantastique que dans l’horreur avec une histoire franchement mignonne. La fin est elle aussi une exception et si on la termine dans un sourire, ce n’est pas un sourire maléfique car il est plutôt dû à l’émotion.  

    La réserve naturelle de Rachel D. Forêt nous emmène dans un monde futuriste où les humains ont découvert que les loups-garous existent. On découvre qu’ils sont parqués dans une réserve naturelle que les humains peuvent visiter à la manière d’un safari. Une fille, Louise, pense différemment des autres. Pour elle, les loups-garous sont plus des humains que des animaux et elle compte bien le prouver. L’auteure nous surprend avec ce monde futuriste et ce récit qui devient poignant vers la fin. J’ai adoré !

    La suivante s’appelle Mémoires d’un scientifique et est écrite par Kyoko. Elle parle des problèmes de pollution de la planète dans le futur et de ce que nous, à l’heure actuelle, ne faisons pas pour y remédier. Le personnage principal est un enfant qui va peut-être trouver une solution au problème. Une fois adulte, sa solution se concrétise et elle se révélera encore plus surprenante qu’on ne l’imaginait. Bravo franchement à Kyoko qui a réussi à transmettre un message écologique dans une nouvelle horrifique surprenante.

    La dernière histoire est de Clélia Wings et s’intitule Bad Blood. Je vais être franche, c’est celle que j’ai le moins apprécié. L’histoire est très bien imaginée et les dernières pages sont sublimes mais j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs dans le récit. Il me semble que c’est la nouvelle la plus longue (38 pages) et si le début et la fin sont superbes, m’a patience a été mise à rude épreuve au milieu. C’est peut-être un peu répétitif et certains passages n’ont rien apporté au récit. Attention, cette nouvelle est tout de même très bien imaginée et j’ai réellement apprécié l’histoire. Je salue d’ailleurs l’imagination débordante de l’auteure qui a parlé d’une créature que j’apprécie depuis longtemps mais qui n’est jamais utilisée dans les livres.

Abominations est un très bon recueil de nouvelles aussi diaboliques que surprenantes. Il est à conseiller à tous les fans du genre.

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